‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 249 sur 347 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

déjà dit sur ce point. François poussait l'estime de cette vertu jusqu'à pleurer quand il rencontrait un mendiant plus pauvrement vêtu que lui, jusqu'à se dépouiller de son unique manteau pour en couvrir les épaules des indigents, enfin jusqu'à donner, faute d'autres ressources, le bréviaire dont les Frères se servaient pour réciter l'office canonial. Ayant un jour entendu l'un de ses Religieux dire à demi-voix : « Je viens de la cellule de François », il le fit venir et lui dit : « Pourquoi l'appelles-tu ma cellule? Elle n'est pas à moi, et dorénavant un autre l'occupera. » Puis il ajouta : « Notre-Seigneur, étant au désert, où il passa quarante jours et quarante nuits dans le jeûne et la prière, ne s'y bâtit ni maison ni cellule ; mais il prit son repos dans le creux d'un rocher, sur la crête d'une montagne. Pourquoi ne l'imiterionsnous pas, en ne gardant que l'usage de nos cellules, sans en avoir la propriété? (1) » Qu'il est beau de voir François, sur le point de mourir, se rendre à luimême ce consolant témoignage : « Je n'ai pas souvenance d'avoir été jamais infidèle à ma Dame la Pauvreté ! »

Ce qui ne nous étonne pas moins en lui, c'est son incomparable humilité. « Se faisant tout à tous, saint parmi les saints, il était si humble parmi les pécheurs qu'on l'eût pris pour l'un d'eux (2). » Quel saint a poussé plus loin le mépris de soi-même, l'indifférence pour les honneurs, l'ardeur à poursuivre les humiliations? « Sortons d"ici, dit-il un jour à son

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