‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 256 sur 347 · Fioretti, c. x · texte numérisé non relu

Fioretti, c. x

du corps, sans se laisser aller à la sensualité. » Dans ses courses apostoliques, si longues, si multipliées, il ne dérogea qu'une fois à la loi qu'il s'était imposée, dès le commencement de sa conversion, de s'abstenir de toute liqueur enivrante. C'était à Sant' Urbano, à la suite de sa mission d'Orient. Sa complexion délicate succombait aux fatigues de l'apostolat; une fièvre lente le consumait, et son palais était brûlant. Se sentant défaillir, il demanda un peu de vin; il n'y en avait point dans l'ermitage. Cependant sa faiblesse augmentait, et tout espoir de guérison semblait perdu. Mais les saints ont des audaces que leur suggère le zèle des âmes, cet unique but de leur existence. Plein de cette foi qui transporte les montagnes, il prie son compagnon d'aller puiser de l'eau à la source voisine, boit cette eau qui se change en vin sous sa bénédiction, et, réconforté par ce breuvage miraculeux, reprend sans délai le cours de ses prédications (1).

Ah ! si les rochers du lac de Pérouse, des Carceri, de l'Alverne, avaient une voix, que de jeûnes, que de macérations ils nous révéleraient ! Quels trésors d'expiation ils étaleraient à nos regards, trésors que les Anges emportaient pour les verser dans la balance de la miséricorde divine et racheter les crimes du treizième siècle ! Mais non. Ces mystères de la pénitence resteront voilés jusqu'au grand jour des révélations ; et pourtant un aveu du Saint, pareil à l'éclair qui traverse le ciel, déchire en partie le nuage qui nous les dérobe. Au moment de rendre le

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