‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 258 sur 347 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

En 1215, pendant que François traversait la Marche d'Ancône, deux Frères conçurent quelques soupçons sur sa sainteté et résolurent de surveiller ses actes. Pendant la nuit, l'un des deux pénétra dans la cellule où il devait reposer. Ne l'y trouvant point, il eut l'idée que François devait être dans le bosquet voisin. Il y vole aussitôt, pénètre dans l'épaisseur du bois, et prête une oreille attentive. Une seule voix trouble le silence de la nuit. Il la reconnaît : c'est la voix du vénéré Père, qui poussait d'ardents soupirs vers le ciel et conjurait la Reine des Anges de lui montrer son adorable Fils. Il s'avance vers le bouquet d'arbres d'où partent les gémissements, et aperçoit, au sein d'une clarté surnaturelle, la Vierge Mère qui pose son Fils entre les bras de François, avec une tendresse qu'on ne saurait dépeindre, et l'heureux Patriarche qui, comme le vieillard Siméon, reçoit l'Enfant Jésus, l'adore et le couvre de ses caresses, en le suppliant de pardonner aux pauvres pécheurs et de les sauver. A la vue d'un tel prodige, le Frère tombe par terre, à demi-mort; tant il est instinctif à l'homme déchu dé trembler devant Dieu? Le saint Patriarche, en retournant au monastère pour les Matines, le trouva dans cet état, et le fît revenir de son évanouissement. Puis, il lui défendit d'ouvrir la bouche sur ce qu'il avait vu et entendu; mais le Religieux, croyant qu'ici la gloire de Dieu l'obligeait plutôt à parler qu'à se taire, s'empressa de raconter la scène merveilleuse dont il avait été témoin (1).

Une autre fois, un jeune Frère eut recours à un

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