‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 259 sur 347 · Wadbing, t. I, p · texte numérisé non relu

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moyen fort ingénieux pour savoir ce que le Saint faisait pendant la nuit. Il dormit à ses côtés et attacha sa corde à celle du Père. « De la sorte, pensa-t-il, il ne pourra sortir que je ne m'en aperçoive. » Alors, content de son petit stratagème, il se livra bientôt tranquillement au sommeil, qui ne se fit pas attendre. Quand tout le monde fut endormi, François se leva, délia doucement le nœud qui l'arrêtait, et alla se mettre en oraison sous les arbres de la forêt voisine. A son réveil, le jeune Frère, tout surpris de ne plus voir le séraphique Père à ses côtés, court à sa recherche. Un colloque mystérieux qu'il entend, une lumière extraordinaire qui scintille à travers les arbres, lui indiquent la présence du Saint. Il dirige ses pas de ce côté, et se trouve bientôt en face d'un spectacle que la parole humaine est impuissante à décrire. Le Fils de Dieu, environné d'esprits célestes, sa très sainte Mère, saint Jean-Baptiste et saint Jean l'Évangéliste étaient là, s'entretenant familièrement avec François. Chose étonnante ! le même phénomène surnaturel produisit deux fois le même effet. Ce jeune homme, aussi bien que le Religieux dont nous avons parlé précédemment, fut saisi d'effroi et perdit connaissance, jusqu'à ce que notre Saint, prévenu par le Sauveur lui-même, vînt le rappeler à la vie. Pendant ce temps, la vision avait disparu. François, selon son habitude, défendit au jeune Frère d'en parler. Celui-ci, plus obéissant que l'autre Frère, attendit la mort du Bienheureux pour révéler son secret (1). Dieu, qui est le maître de ses dons et qui les

1, Fioretti, c. xvu.

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