‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 261 sur 347 · Th. de Celaxo, Vita secundo, p. III, c. xliii · texte numérisé non relu

Th. de Celaxo, Vita secundo, p. III, c. xliii

oiseaux, et voyait les écureuils descendre des arbres pour se poser sur sa main ; mais aucun n'a égalé le thaumaturge de l'Ombrie. Cet ancien empire de l'homme avant sa chute, François l'exerçait, non en passant, mais d'une manière permanente; et c'est un fait acquis à l'histoire, qu'il commandait en maître à toute la nature, et que toute la nature lui obéissait comme si elle eût été douée d'intelligence.

Lorsqu'il sortait du couvent de Notre-Dame-des- Anges pour parcourir les plaines de l'Ombrie, les animaux saluaient en lui le roi de la création. N'apercevant plus que l'empreinte divine sur cette figure amaigrie, où il n'y avait presque plus rien de terrestre, et n'éprouvant plus dès lors cette horreur instinctive que leur inspirent notre état de déchéance et notre dureté, ils entouraient le Saint pour l'admirer et le servir. Les lièvres et les lapins se réfugiaient dans les plis de sa robe. Traversait-il un pâturage, les brebis, s'entendant saluer du doux nom de sœurs, levaient la tête et accouraient vers lui , laissant les bergers stupéfaits. Et lui-même, sevré depuis si longtemps des jouissances de la compagnie des hommes, prenait plaisir à ces fêtes que lui faisaient les animaux des champs.

Sur les bords du lac de Rieti, un pêcheur lui offrit un oiseau de rivière vivant; François l'accepta de grand cœur, le tint quelque temps dans ses mains, puis les ouvrit pour lui rendre la liberté. Mais l'oiseau ne s'envola point. Alors le Saint, dans un transport de reconnaissance et d'amour envers Dieu, leva les yeux au ciel et demeura plus d'une heure en extase. Etant revenu à lui, il bénit son frère le petit oiseau,

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