‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 264 sur 347 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

leurs nids près de là, François leur dit : « Hirondelles, mes sœurs, vous avez assez parlé. Laissezmoi parler à mon tour. Écoutez la parole de Dieu, et gardez le silence pendant le temps que je prêcherai, d Elles ne dirent plus un seul petit mot, et ne remuèrent pas même les ailes. Saint Bonaventure, à qui nous empruntons tous ces détails intéressants, ajoute que, de son temps, un jeune étudiant de Paris, troublé dans son travail par le gazouillement d'une hirondelle, dit à ses condisciples : « Voilà sans doute une de ces babillardes qui troublaient le bienheureux François dans son sermon, et qu'il fit taire ! » Et, se tournant vers l'hirondelle, il lui dit : « Au nom de saint François, je t'ordonne de garder le silence et de venir à moi. » Elle se tut et vint à lui. L'écolier fut tellement surpris de ce prodige, qu'il demeura immobile et ne songea pas à la retenir. L'oiseau s'envola et ne l'importuna plus (1).

Au couvent de Notre-Dame-des-Anges, une cigale vint à chanter sur un figuier, tout près de la cellule de François. Il l'appela ; elle accourut aussitôt se placer sur sa main. « Ma sœur la cigale, lui dit-il, chante et loue le Seigneur. » Sur-le-champ, elle se mit à chanter et elle ne s'arrêta que sur l'ordre du Bienheureux. Elle demeura ainsi pendant huit jours, allant et venant de son figuier à François. Au bout de ce temps, il dit à ses compagnons : « Il y a assez longtemps que notre petite sœur la cigale nous invite à louer Dieu, donnons-lui son congé. » Au même moment, elle se retira, et ne reparut plus (2).

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