CHAPITRE XVII
glorieuse Mère et aux saints Anges. * Et il se mit aussitôt en route, accompagné des Frères Léon, Ange et Masséo. « Mon fils, dit-il à ce dernier, tu seras notre supérieur pendant tout le voyage. En chemin, nous garderons les usages du couvent, en récitant l'office divin, observant le silence et nous confiant à la garde de la Providence pour le gîte et le couvert. » Les trois Religieux inclinèrent la tête, et Masséo prit la direction de la petite troupe. La première nuit se passa dans un couvent de l'Ordre. La deuxième nuit, le mauvais temps et la fatigue obligèrent nos voyageurs à chercher un abri dans une des églises de Capraro, au pied de l'Alverne. Là, les trois compagnons du Saint s'endormirent d'un profond sommeil. François seul demeura en prière ; mais il eut à subir un terrible assaut de la part des démons. Ces malins esprits, furieux de voir qu'il ruinait leur empire, lui apparurent sous des formes effrayantes, se précipitèrent sur lui, le frappèrent à coups redoublés et le laissèrent à demi mort sur le pavé. Au plus fort du combat, François, semblable au soldat qui se bat vaillamment sous les yeux de son capitaine, tenait son cœur élevé vers l'invisible Pioi des siècles. « 0 Seigneur Jésus, s'écriait-il, je vous rends grâces pour tous vos bienfaits, et particulièrement pour celui-ci, qui m'est un gage manifeste de votre amour. Vous punissez mes péchés en ce monde , pour m'épargner dans l'autre. Mon cœur est prêt à souffrir mille fois plus, si c'est votre sainte volonté (1). » Le lendemain matin, François se trouvait réduit à