Thomas de Cela.no, Vita secunda, p. III, c. lxiii
un tel état de faiblesse qu'il ne put continuer le voyage à pied. Ses compagnons allèrent au village voisin, et rencontrèrent un brave laboureur qui leur prêta volontiers son âne pour leur bienheureux Père et se joignit à leur compagnie. On se remit en route; le saint Patriarche ouvrait la marche, assis sur sa paisible monture ; le paysan et les Frères le suivaient à quelque distance. Tout en gravissant les premiers mamelons de la [montagne, le paysan dit à François : « Père, dites-moi la vérité; êtes-vous vraiment ce François d'Assise dont on parle tant? — Oui, répondit le Saint. — Eh bien ! reprit cet homme, croyezmoi, appliquez-vous à être aussi bon que les gens le disent, afin qu'ils ne soient pas trompés dans leur confiance. * Charmé de tant de simplicité, l'humble François descend de sa monture, se jette aux genoux du paysan et lui baise les pieds, en le remerciant de son bon conseil, puis il remonte sur son âne (1).
Cependant, à mesure qu'on avançait dans les gorges sinueuses de l'Alverne, la montée devenait plus rapide, le sentier plus abrupt, le soleil plus brûlant. Le paysan, exténué de soif et de chaleur, s'écria tout à coup : « Je n'en puis plus ! Je me meurs, si je ne trouve à boire. » Mais il n'y avait pas une goutte d'eau dans ce désert. François eut pitié du pauvre laboureur, et, les bras tendus vers le ciel, il se mit à implorer le secours de la Providence, avec cette pleine confiance qui est le plus sûr garant du succès. N'est-il pas écrit que Dieu est un père, le meilleur et le plus tendre des pères, et qu'il s'incline
i. Fioretti, première considération sur les Stigmates.