CHAPITRE XVH
aux moindres désirs de ceux qui l'aiment? Bientôt, sentant que sa prière était exaucée, le Bienheureux se tourna vers le paysan, et lui dit en lui montrant du doigt une énorme pierre : « Vois-tu cette roche ? Vas-y; tu trouveras une source limpide que le Sauveur, dans sa miséricorde et sa bonté pour toi, vient d'en faire jaillir pour te désaltérer. » Cet homme crut à la parole du Saint ; il le regardait comme un nouveau Moïse tout-puissant sur le cœur de Dieu. Il courut à l'endroit indiqué, et y trouva, en effet, une eau fraîche et délicieuse. Lorsqu'il eut étanché sa soif, la fontaine miraculeuse cessa de couler et disparut pour toujours (1).
Nos voyageurs atteignirent enfin la crête de la montagne, et le bonheur d'être arrivés leur fit oublier les fatigues de l'ascension. François s'assit sous un hêtre aux rameaux touffus, et, contemplant de là l'immense panorama qui se déroulait sous ses yeux, il fut ravi de la beauté du site. La solitude de l'Alverne lui plut ; l'austère majesté des montagnes l'enchanta. Au même moment, une nuée d'oiseaux s'abattirent autour de lui, voltigeant sur sa tête, sur ses mains, sur ses épaules, et lui souhaitant la bienvenue par leurs cris et par leurs battements d'ailes. Quoique habitué à leurs caresses, il fut tout émerveillé de ce spectacle, et dit à ses compagnons : * Je vois qu'il nous faut rester ici, puisque notre arrivée cause tant de joie à nos frères les oiseaux (2 . »
Orlando, ayant appris que François était sur les hauteurs de l'Alverne, y accourut en toute hâte,