BONAYENT., C. VII. — 2. Id. , C. VIII
accompagné de ses hommes d'armes, et muni des provisions nécessaires. Il trouva les Religieux en prière. Le saint Patriarche se leva aussitôt pour aller audevant de son noble visiteur, et le conduisant sous un très beau hêtre, à un jet de pierre environ des cellules des autres Frères : « Merci, lui dit-il, de nous avoir fait don de cette sainte montagne ! Et maintenant, si vous voulez mettre le comble à vos bienfaits, construisez-moi une petite cabane faite de branchages et qui ait pour voûte les rameaux de cet arbre. » Le comte donna immédiatement ses ordres pour satisfaire au désir du Saint. On comprend combien un tel ermitage, ou plutôt un tel oratoire, ayant pour piliers les troncs vigoureux d'un hêtre séculaire, pour ogives les branches entrelacées de l'arbre, pour parure les feuilles aux mille nuances, dorées par le ciel couchant, pour tapis le gazon émaillé de renoncules d'or et de polygalas bleus, et laissant une échappée sur l'azur du ciel, devait plaire à un esprit contemplatif comme celui de François d'Assise. Le soir, quand vint l'heure du départ pour le comte Orlando, notre Bienheureux le remercia en termes chaleureux de sa visite et de son dévouement, et le bénit ainsi que tous les travailleurs. Au moment du dernier adieu, le gentilhomme, prenant les Religieux à part, leur dit : « Je ne veux pas que, sur cette montagne sauvage, les nécessités de la vie vous empêchent jamais de vous livrer tout à votre aise à la méditation des choses célestes. Je veux, et je vous le dis une fois pour toutes, je veux que vous veniez chercher dans ma maison tout ce dont vous aurez besoin. Si vous agissiez autrement, j'en éprouverais