‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 28 sur 347 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

met d'assigner la place du fils de Bernardone dans la famille des Saints.

Parmi tant d'élus qui peuplent le ciel, il n'y a au fond que deux sortes d'âmes, les saint Jean et les sainte Marthe d'un côté, les saint Pierre et les sainte Marie-Madeleine de l'autre, c'est-à-dire les âmes pures et celles qui, ayant failli, se redressèrent et reconquirent dans les larmes de la pénitence une beauté nouvelle. Saint François est du nombre des premières. Si, dans son testament et ailleurs, il s'accuse d'avoir dissipé la fleur de sa jeunesse dans les vanités et les passions du monde, c'est qu'il parle la langue des Saints, qui ne pleurent pas seulement leurs fautes, mais aussi les jours passés dans la tiédeur et l'oubli de Dieu. Nous tenions d'autant plus à donner dès à présent cette explication et à ne laisser planer aucun nuage sur l'intégrité des mœurs du jeune François, même au milieu du siècle, que la solution de ce point délicat emporte toutes les splendeurs de l'avenir.

Quelle n'est pas la joie du voyageur, lorsque, après une nuit d'orage, il aperçoit l'aube blanchissante et les premières lueurs du matin ! Telle et plus douce encore est notre émotion, lorsque, nous transportant par la pensée au milieu d'une époque si semblable à la nôtre pour les douleurs de l'Église et les crimes de la patrie, nous assistons au lever de ces grandes lumières que Dieu suspend au firmament de son Église et qu'on appelle « les Saints ». Le Patriarche d'Assise est une de ces lumières, la plus attrayante, la plus resplendissante du moyen âge. Quoi de plus gracieux que l'aurore de sa vie, ces merveilles qui

entourent son berceau, cette pureté de son enfance et jusqu'à ces aventures de sa jeunesse, entremêlées de tant d'amour de Dieu et des pauvres ! Nous pressentons que cet astre parcourra à pas de géant la carrière que lui tracera la main de Dieu. Et pourtant, avant de monter à l'horizon et de jeter un si bel éclat, il hésitera, il résistera même à l'appel du Seigneur ; et nous verrons, dans le chapitre suivant, les différentes phases de cette lutte, sans cesse renouvelée et toujours palpitante d'intérêt, entre Dieu et l'âme, lutte où Dieu triomphe et où le fils de Bernardone est l'heureux vaincu.

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