‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 282 sur 347 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

rieure (4). Quel est le caractère de cette puissance? Il appartenait à Rome, et à elle seule, d'évoquer cette cause et de prononcer sans crainte d'erreur. C'est ce qu'elle a fait dans plusieurs diplômes et après un examen qui défie la critique. Écoutons d'abord Grégoire IX, dont le témoignage a une double valeur, comme Souverain Pontife et comme intime ami du Saint:

a Grégoire, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à tous les chrétiens qui verront ces Lettres, salut et bénédiction apostolique.

« Nous croyons inutile de vous exposer dans ces lettres les grands mérites qui ont conduit à la céleste patrie le glorieux confesseur saint François, puisqu'il n'y a presque pas de fidèles qui n'en soient informés. Mais nous avons jugé qu'il convenait de vous instruire tous plus particulièrement de la merveilleuse et singulière faveur dont il a été honoré par Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel est la gloire et la splendeur des Saints. Par un effet de la puissance créatrice de Dieu, il a reçu pendant sa vie les stigmates aux mains, aux pieds et au côté, et l'on a pu en constater encore l'existence après sa mort. La connaissance certaine que nous et nos frères les cardinaux en avons eue, aussi bien que de ses autres miracles , dûment certifiés par des témoins très dignes de foi, a été le principal motif qui nous a porté à l'inscrire au catalogue des Saints, de l'avis de nos frères les cardinaux et de tous les prélats qui étaient alors réunis autour de nous. Comme donc

1. Consulter la Mystique divine, par M. Ribet, t. II, p. 484-505.

nous souhaitons vivement que cela soit cru de tous les fidèles, nous vous prions, vous conjurons, et au besoin vous enjoignons de fermer l'oreille à tout ce qu'on pourrait dire de contraire, et d'avoir pour ce saint confesseur une vénération et une dévotion qui vous le rendent propice auprès de Dieu, afin que, grâce à ses mérites et à son intercession, le Seigneur vous accorde de prospérer en ce monde et d'être éternellement heureux en l'autre. Donné à Viterbe, le deuxième jour d'avril, l'an onzième de notre pontificat. »

En l'année 1255, le pape Alexandre IV adressa aux Frères-Mineurs une autre bulle qui n'est pas moins précieuse que la précédente. Dans cette lettre, il déclare qu'il prend sous sa protection spéciale « VAlverne, cette montagne visitée parles Séraphins, théâtre d'une immolation mystique, nouveau Calvaire où l'étendard du salut, déployé par la main des anges, a récemment brillé sur l'Occident, comme il rayonna jadis sur les plages orientales.» Il recommande instamment aux Frères de n'en jamais abandonner les cimes sacrées et d'y entretenir à perpétuité le monastère fondé parleur bienheureux Père(l).

Cinq ans après, le 20 août 1260, l'Alverne était témoin d'une cérémonie imposante et tressaillait d'allégresse. Saint Bonaventure, alors général de l'Ordre, y campait avec plus de mille Frères-Mineurs; et une foule de pèlerins couronnait les hauteurs de ■ la montagne. En ce jour-là, les évèques d'Arezzo, de Florence, de Fiesole, de Pérouse, d'Assise, d'Urbino

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