‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 283 sur 347 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

et de Città di Castello, consacrèrent sous le titre de Notre-Dame-des-Anges l'église édifiée en 1215 par le comte Orlando, et où reposent aujourd'hui les cendres de cet ami de saint François; puis faisant processionnellement le tour de la montagne, ils la bénirent sous le nom de « montagne séraphique. »

Benoît XI ordonna que la fête des stigmates de saint François fût célébrée chaque année, le 17 septembre, dans toutes les maisons de l'Ordre; et Paul V étendit cette fête à tout l'univers catholique. Les Souverains Pontifes ont ainsi confirmé de leur autorité apostolique l'authenticité du miracle. Aussi la montagne séraphique est-elle depuis plus de six siècles le rendez-vous des pèlerins, et le courant de la foi qui entraînait les populations du moyen âge vers ce Calvaire franciscain ne s'est-il jamais ralenti, excepté dans les jours d'épreuve que nous traversons.

« Sur i'Alverne, le cœur se nourrit d'un seul souvenir : les stigmates de saint François. Tout lui parle de ce miracle des miracles de la vie mystique, l'affluence des pèlerins, les merveilles de Fart naïf de Luca délia Robbia, la piété des Religieux, le gémissement doux et triste du vent dans les sapins sombres, les sublimes beautés de cette nature grandiose et tourmentée, aussi bien que le lieu sacré où, prosterné, l'enfant de saint François d'Assise Lit à travers ses larmes cette prière gravée sur le marbre :

SlGXASTI HIC SERVUM TITM FrANOSCUM SIGNIS ReDEMPTIOXIS NOSTR.-E.

« L'esprit se repaît à loisir du souvenir de ce grand événement; il en repasse avec une joie intime et pro-

fonde toutes les circonstances. Et cependant, il craint de donner jour à ses pensées, comme si un instinct secret l'avertissait qu'il est des faits sacrés que toute parole profane, et des sentiments sacrés qui ne doivent naitre et s'épanouir que sous les regards de Dieu (1). »

Baisons donc par la pensée cette terre où François a souffert, où Bonaventure a prié, où le Sauveur luimême est apparu; et pour adieu suprême, jetons-lui ce cri du Prophète royal : « Salut, ô montagne fertile en grâces et en miracles ! Le Seigneur t'a choisie entre toutes pour y établir sa demeure : il y habitera à jamais (2). »

1. Pèlerinage aux sanctuaires franciscains de VOmbrie et de la Toscane, par le R. P. Exupère, capucin, p. 135.

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