CHAPITRE XVIII
sible à tous les hommages dont on l'entourait (1).
Enfin, après un mois de séjour à Città di Castello, il revint au couvent de Notre-Dame-des-Anges. «Crucifié avec Jésus-Christ dans son esprit et dans sa chair, non seulement il brûlait pour Dieu d'un amour séraphique, mais, comme la victime du Calvaire, il avait une soif immense du salut des âmes. Ne pouvant plus marcher à cause des clous qui lui transperçaient les pieds, il se faisait conduire, tout languissant et à demi mort, à travers les bourgades, pour exciter les peuples à porter dignement la croix. Il disait souvent à ses disciples : « Mes Frères, commençons enfin à servir le bon Dieu; car jusqu'à présent nous n'avons, pour ainsi dire, rien fait pour lui. » Tout usé qu'il était par les fatigues de l'apostolat, il désirait ardemment revenir aux humbles pratiques des premiers temps de sa conversion, servir les lépreux et s'imposer toutes sortes de macérations. Si ses membres étaient abattus par la souffrance, son esprit conservait toujours la même vigueur. Il rêvait de nouveaux combats contre l'ennemi du salut ; il espérait de nouveaux triomphes, et se proposait d'étendre par toute la terre le règne de Jésus-Christ; car l'amour, quand il sert d'aiguillon, ne laisse ni trêve ni repos , et presse toujours de marcher en avant (2). »
A cette belle page, que nous avons empruntée au Docteur séraphique, ajoutons l'éloge plus court, mais non moins admirable, que trace à son tour Thomas de Celano. « Le zèle de François ne connaissait point