Waddixg, t. II, p. 96. — 2. Bo.vayent., C. XIV
de limites : il embrassait tout l'univers, et le Saint eût voulu porter en tout lieu le flambeau de l'Évangile. Ouvrier infatigable, on le voyait quelquefois, malgré son extrême faiblesse, parcourir en un seul jour cinq ou six des petites villes de l'Ombrie : tant son corps était soumis à sa raison, et sa raison à Dieu! Tant la vertu était devenue pour lui une seconde nature (1). » Et quand il paraissait, sa voix, son habit, ses stigmates, tout prêchait en lui. Il passait ainsi au milieu des populations comme une image vivante de la sainteté, faisant l'œuvre de Dieu et répandant plus que jamais autour de lui, et toujours à son insu, une odeur de vie qui donnait la vie, une flamme céleste qui réchauffait les cœurs, un parfum semblable aux vapeurs de l'encens dans les jours d'été. Pour accroître ses mérites, Dieu, qui épure l'or dans la fournaise, le fit de nouveau passer parle creuset des tribulations et des maladies. Son pauvre corps ne fut bientôt plus qu'une plaie, qu'un squelette (2). Ses yeux furent les premiers a lui refuser leur service ; ils étaient presque éteints à force de pleurer. Au sein des douleurs les plus cuisantes, François ne voulait accepter aucun remède, souhaitant, comme l'Apôtre, de voir tomber cette muraille de boue qui le séparait de Jésus-Christ. Il fallut, pour fléchir sa résolution à cet égard, toute l'autorité du Cardinal protecteur et du Frère Élie, qui avaient pour lui toute la tendresse d'une mère. On transporta le malade dans une cabane de roseaux, proche de Saint-