‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 292 sur 347 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

d'âme, ne put s'empêcher de s'écrier : « En vérité, c'est aujourd'hui la journée des miracles! » Ce médecin, homme de science et plus encore homme de foi, s'était affectionné à son malade. 11 le soignait avec un dévouement au-dessus de tout éloge, refusant tout salaire et n'épargnant ni ses veilles ni son or pour tâcher de le guérir. Gomme le don des larmes, que François avait reçu dans une mesure vraiment extraordinaire, était la principale cause de son mal d'yeux, il lui dit dans une de ses visites : « Père, je vous en prie, cessez de pleurer; autrement, vous perdrez complètement la vue. » Le Saint lui fit alors une réponse digne de lui. « Eh quoi ! mon frère, répliqua-t-il, pour garder cette vue corporelle qui nous est commune avec les mouches, je m'exposerais à perdre les effusions de la lumière divine ! Non, je n'y consentirai jamais, ne fût-ce que pour un instant (1). »

Pour donner au médecin quelque témoignage de sa reconnaissance, François l'invita à partager le diner des Frères; et comme ceux-ci lui représentaient qu'ils n'avaient rien de convenable à offrir à un homme de sa condition : « Allez, leur dit le Saint, et ayez confiance. » Au même moment, en effet, on apportait dans une corbeille des mets excellents, qu'une dame, habitant à près de deux lieues de là, envoyait au serviteur de Dieu. François les fit servir à son hôte, qui ne put s'empêcher de dire aux Religieux : « Mes Frères, nous n'avons pas une assez haute idée de la sainteté de notre malade; et vous-

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