Wadding, t. II, p. 113. — 2. Matth. , x
nom sous lequel le fils de Jean de Fidenza sera connu du monde entier, et qu'il illustrera comme cardinalévêque d'Albano, comme docteur, comme saint.
Après avoir constaté le miracle, admirons les merveilleux desseins de la Providence en cette rencontre. François etBonaventure, que de gloire en ces deux noms ! L'un est le fondateur des trois Ordres de la Pénitence ; l'autre en sera le restaurateur et comme le second père. Le saint Patriarche a restauré l'Église, qui tombait en ruines ; le Docteur séraphique en sera la lumière. Ils ont chacun leur mission et leurs vertus spéciales ; mais tous deux appartiennent à la famille des âmes séraphiques ; tous deux brillent d'un éclat immortel au firmament invisible des élus. Et de ces deux astres, l'un était alors à son aurore, et l'autre sur son déclin.
François, en effet, succombait sous le poids des labeurs apostoliques, ajoutés à ses infirmités corporelles et aux rigueurs de la saison (on était alors au cœur de l'hiver de 1225). La maladie atteignit bientôt une telle gravité, que ses compagnons, craignant pour ses jours, le reconduisirent en toute hâte dans sa ville natale. Don Guido voulut le loger dans son propre palais ; mais il eut beau lui prodiguer les soins les plus empressés, le mal résista à tous les efforts. Au printemps de l'année suivante, le Frère Élie envoya le saint Patriarche respirer l'air de Sienne, plus doux que celui d'Assise. Ce n'est pas que le Vicaire général se fit illusion sur l'état du séraphique Père, puisqu'on 1224, étant à Foligno, il avait été averti, dans un songe mystérieux, que François n'avait plus que deux années de souffrances