BONVYENT., c. xrv
et mettre en cela tout son bonheur : voilà la clef de sa belle vie et de sa belle mort.
Sentant que le terme de son pèlerinage approchait et que la tente de son corps allait bientôt être repliée, il réunit ses disciples autour de sa couche dans la salle du palais épiscopal; et à l'exemple de Jacob, il étendit ses bras l'un sur l'autre en forme de croix pour bénir tous les fils de son amour. 11 demanda sur quel front reposait sa main droite. « C'est sur la tète du Frère Élie, répondirent les Frères. — C'est bien, reprit-il. Mon fils, je te bénis, en tout et par-dessus tout; de même que sous ta main le Très-Haut a multiplié mes enfants, de même je les bénis tous en toi. Que Dieu, le Souverain Seigneur de toutes choses, te bénisse dans le ciel et sur la terre ! Pour moi, je te bénis autant et plus que je ne le puis. Je conjure Celui qui peut tout, de suppléer à mon impuissance : qu'il se souvienne de tes œuvres, qu'il exauce tous tes vœux, et qu'il te donne part un jour à la récompense des justes (1). » Dieu devait plus tard, à la dernière heure du Frère Élie, se souvenir de la prière et des mérites de François mourant.
Le Saint ne pouvait oublier ses chères Filles de Saint-Damien ; il envoya donc à sainte Claire et à ses compagnes une dernière bénédiction avec une lettre remplie des plus touchantes exhortations. On reconnaît bien à toutes ces délicatesses de la plus exquise charité l'aimable François d'Assise, qui pouvait dire de ses enfants spirituels ce que, jeune encore, il disait des pauvres : « Je les porte tous dans mon