‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 300 sur 347 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

cœur. » Et l'on y voit le signe de la vraie piété; car c'est le propre de la religion de transformer tout ce qu'elle touche, d'élever les pensées, et de purifier, d'agrandir, de perfectionner toutes les légitimes affections en les surnaturalisant. Après avoir ainsi appelé les faveurs du ciel sur son immense famille, François pria ses Frères de le transporter à Notre- Dame-des-Anges, lieu béni entre tous, qui était le berceau de son Ordre et son séjour de prédilection ; « car il voulut, dit Thomas de Celano (1), rendre le souffle de sa vie mortelle dans ce même sanctuaire où il avait reçu le souffle divin de la grâce. » C'était dans les derniers jours de septembre (1226). Le Saint était porté sur un brancard. Quand on fut dans la plaine, à peu près à moitié chemin entre la ville et le couvent, il demanda si l'on était vis-à-vis de l'hospice où, dans les commencements de sa conversion, il aimait tant à soigner les lépreux. Sur la réponse affirmative : « Tournez-moi, dit-il, vers la cité. » Puis, se soulevant avec effort, le bras gauche appuyé sur l'un des Frères, la main droite étendue vers Assise, et les yeux au ciel, il prononça ces paroles solennelles :

« Sois bénie de Dieu, ô cité d Assise, parce que beaucoup d'âmes seront sauvées en toi et par toi. Le Très-Haut comptera d'innombrables serviteurs dans l'enceinte de tes murailles, et bon nombre de tes enfants seront choisis pour les tabernacles éternels. Que la paix soit avec toi (2). «

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