Barthélémy de Pise (Confor., liv. I, c. vi
A toutes ces bénédictions se mêle un nom plein de doux souvenirs, celui de Giacoma de Settesoli, sa grande bienfaitrice de Rome et sa fidèle imitatrice. Dès qu'il fut arrivé à la Portioncule, « il dicta une lettre qu'il se proposait de lui envoyer et où il lui exprimait le désir de la voir avant de mourir. Mais au moment où le messager allait partir, on entendit un grand bruit de chevaux à la porte du couvent. C'était Giacoma qui arrivait avec une suite nombreuse. Elle lui raconta comment elle avait reçu d'un ange l'ordre de partir, et tous deux se réjouirent de la grâce et de la joie que la Providence leur ménageait. Giacoma, voyant l'état du malade, et ne pensant pas qu'il fût si près de sa fin, voulut renvoyer une partie de ses serviteurs ; mais le Saint l'en empêcha. « Ma fille, lui dit-il, gardez-les près de vous. Samedi soir je retournerai à Dieu. Quand vous aurez rendu les derniers honneurs à ce pauvre corps, vous pourrez reprendre le chemin de Rome avec tout votre monde (1). » Elle fut ainsi avertie que l'heure du dénouement était proche, et elle eut l'immense consolation, en attendant, d'être admise à contempler le crucifié de l'Alverne, à lui prodiguer ses soins, à baiser les plaies saignantes de ses pieds et à les arroser de ses larmes : consolation que lui avait value son inépuisable charité pour les serviteurs du Christ.
Le 1er octobre, François fit assembler les Religieux du couvent, les bénit de nouveau, et partagea entre tous, comme symbole d'union fraternelle, un pain qu'il avait béni. Le Frère Élie, seul, dans l'excès de