‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 302 sur 347 · CHAPITRE XVW · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVW

sa douleur, ne mangea point sa portion; le Frère Léon, la lui ayant demandée, la conserva pieusement, et les chroniques racontent qu'elle servit dans la suite à guérir une foule de malades. Tous les Frères fondaient en larmes. Le séraphique Père fit approcher les deux premiers-nés de ses fils, Bernard de Quintavalle et Gilles. « Venez, mes fils bien-aimés, leur dit-il, venez que je vous bénisse avant de mourir. » Et croisant les mains au-dessus de leurs têtes, il les bénit d'une bénédiction spéciale (1).

Le vendredi soir, 2 octobre, le malade fît signe aux Frères de s'approcher de sa couche. Chose admirable ! le corps était à toute extrémité ; mais l'esprit rayonnait en sa plénitude, et dans cette lampe qui allait s'éteindre, la lumière de l'intelligence, ferme et pure, projetait encore tout son éclat. A cette heure suprême, François dictait son testament, œuvre magistrale où il peint lui-même à grands traits les diverses phases de sa vie, suave effluve d'amour qu'il laisse tomber de ses lèvres défaillantes pour l'éternelle consolation de ses disciples. Le Frère Ange de Rieti écrivait; les autres Religieux écoutaient avec un attendrissement facile à comprendre.

Dans cette soirée si mémorable du 2 octobre, les Frères ne pouvaient se lasser d'admirer cette lucidité d'esprit du séraphique Père, cette patience inaltérable, cette union continuelle avec Dieu, ces touchantes exhortations qu'il murmurait encore d'une voix presque éteinte. Et si l'on se rappelle, en effet, au milieu de quelles angoisses il conservait cette frai-

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