‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 303 sur 347 · Yabdi.\.„ t. IL p · texte numérisé non relu

Yabdi.\.„ t. IL p

cheur d'idées, cette sérénité d'âme, on ne peut se défendre de partager leur admiration; les larmes montent à la paupière, et l'on tombe à genoux pour remercier Dieu d'avoir couronné la vie d'un tel homme par une si belle fin, et d'avoir ordonné à la mort de respecter jusqu'au dernier moment ses facultés mentales, comme il a souvent défendu contre la corruption du tombeau les corps des Saints, dont le mal n'a jamais terni la virginale pureté.

Le lendemain matin, c'est-à-dire le samedi, jour consacré à cette Vierge immaculée, dont il aimait à se proclamer le dévot serviteur, muni du Pain des forts, oint de l'huile des mourants, il porta ses pensées au delà même de la mort; et afin que sa dépouille mortelle, son frère le corps, comme il l'appelait, tombât dans l'oubli des hommes, il désigna d'avance pour le lieu de sa sépulture la « Colline d'Enfer », colline d'ignominie où l'on exécutait les criminels : tant il avait faim et soif de mépris et d'humiliations! et tant il était destiné à devenir en sa mort, comme en sa vie, la parfaite image du Verbe incarné! Après cela, rentrant en lui-même et regardant autour de lui, il pensa que tout était prêt pour le grand voyage de l'éternité, et il demeura en repos.

Le soir, au moment où les crêtes de l'Apennin commencent à incliner leurs ombres vers la plaine, il rassembla ses disciples pour la dernière fois autour de son grabat, les consola et les bénit en disant : « Adieu, mes enfants!... Adieu à tous!... Je vous laisse dans la crainte du Seigneur; demeurez-y toujours. Pour moi, je vais à Dieu, j'ai hâte de le voir,

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