‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 304 sur 347 · CHAPITRE XVHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVHE

et je vous recommande tous à sa grâce (1). » Les Frères ne pouvaient répondre que par leurs cris et leurs sanglots. Dès qu'il eut fini ses adieux, il oublia la terre pour ne plus penser qu'au ciel. Cependant sur son désir et comme pour élever plus facilement son âme vers Dieu, les Frères Ange et Léon chantèrent le cantique du Soleil et de sa sœur la Mort, à laquelle il souhaitait ainsi la bienvenue. Puis, s'étant dépouillé de sa tunique, les reins couverts seulement d'un cilice, il se fit déposer sur la terre parsemée de cendres, dans la pensée que son corps allait bientôt devenir cendre et poussière, et plus encore dans l'intention de demeurer fidèle jusqu'à son dernier soupir à sa Dame la Pauvreté. Les Frères, saisissant son intention, lui présentèrent une tunique et une corde, qu'il revêtit avec de grands sentiments de reconnaissance. Il les pria ensuite de lui lire la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ selon saint Jean. Après cette lecture, il entonna lui-même et récita de sa voix mourante le psaume clxi, qui commence par un cri de détresse et finit par un cri d'espérance :

« J'ai élevé la voix pour crier vers le Seigneur; j'ai élevé la voix pour implorer son secours.

« Je verse mes prières en sa présence, et j'expose devant lui mon extrême affliction.

t Quand mon cœur se sent défaillir, vous connaissez mes voies. Ils m'ont tendu un piège en secret, dans cette voie où je marchais.

« Je considérais à ma droite, et je regardais; et il

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