CHAPITRE XIX
relique ; mais voyant qu'elle n'y pouvait réussir, elle se contenta de tremper un linge dans le sang qui coulait de la blessure, et de prendre la mesure exacte de la taille du Saint pour faire peindre son portrait dans le chœur des Religieuses.
« Lorsque le convoi se remit en marche , les servantes du Christ éclatèrent en gémissements ; jamais orpheline pleurant sur la tombe de sa mère ne fit entendre de plaintes plus déchirantes. — 0 l'amère séparation, s'écriaient-elles en sanglotant!... 0 notre Père!... Notre Père, que ferons-nous ? Qu'allons-nous devenir?... Tout notre bonheur s'envole avec vous!... Ainsi leur cœur était partagé entre la tristesse et la joie la tristesse d'avoir perdu celui qu'elles aimaient, et la joie de le savoir déjà couronné dans les cieux. Cependant on emporta les précieuses reliques, et la porte du monastère se referma pour ne plus s'ouvrir jamais à de pareilles douleurs (1). »
Le cortège traversa les rues d'Assise, tendues de draperies et de guirlandes de verdure, jusqu'à l'église Saint-Georges, où la dépouille mortelle fut déposée dans une châsse en cyprès. « C'est là que notre Saint avait été initié à l'étude des lettres chrétiennes ; c'est là qu'il avait pour la première fois prêché la péni- ! -nce et l'amour de Dieu : là devait être aussi son : remier lieu de repos (2) . »
Le Frère Élie, dont les pouvoirs de vicaire-général furent prorogés jusqu'au Chapitre général d'Assise (1227), s'empressa d'envoyer à tous les Supérieurs la nouvelle de la mort du saint fondateur. Sa lettre,