‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 309 sur 347 · BûXAVENT. , C. XV · texte numérisé non relu

BûXAVENT. , C. XV

il8 SAINT FRANÇOIS D'ASSISE.

écrite sous le coup de la première émotion, est un modèle d'oraison funèbre; et nous nous faisons un devoir d'en reproduire les passages les plus importants.

« Au Frère Grégoire, Provincial de France, Frère Élie, pécheur. Salut.

e Avant de commencer à parler, je pleure, et ce n'est pas sans motif. La douleur envahit mon âme comme un torrent qui déborde. Hélas! le malheur que je redoutais a fondu sur nous : celui qui nous consolait n'est plus. Chéri de Dieu et des hommes, il est monté au séjour de la lumière, lui qui enseignait à Jacob la loi de la science et de la vie, et qui a laissé à Israël le testament de la paix. Nous ne saurions trop nous réjouir pour lui; nous ne saurions trop pleurer sur nous-mêmes, privés que nous sommes de sa présence et comme ensevelis à l'ombre de la mort. La perte est pour tous ; le péril n'est que pour moi, à cause des soucis et de l'affliction qui m'oppressent.Ma douleur est sans mesure ; voilà pourquoi, mes frères, je viens vous conjurer de la partager, comme je partage la vôtre. Nous sommes orphelins et privés de la lumière de nos yeux. Oui, notre Père était vraiment une lumière envoyée par la vraie Lumière pour nous et pour les gens du siècle, une lumière qui éclaire les hommes assis dans les ténèbres de la mort, afin de diriger leurs pas dans les voies de la paix. Semblable au soleil dans son midi, il éclairait les esprits, et il échauffait les cœurs du feu de son amour, prêchant partout le royaume de Dieu et préparant au Seigneur une génération nouvelle. Son nom s'est répandu jusqu'aux îles les plus

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