‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 310 sur 347 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

lointaines, et les différentes contrées de la terre ont admiré ses œuvres.

« Ne vous attristez pas outre mesure, car Dieu, qui est le père des orphelins, ne nous refusera pas ses fortifiantes consolations. D'ailleurs, François est passé à une vie meilleure; et avant de mourir, il a béni tous ses enfants, comme un autre Jacob, leur pardonnant toutes les fautes qu'ils auraient pu commettre contre lui. Et maintenant, voici que je vous annonce une grande joie et un prodige inouï jusqu'à nos jours. C'est que peu de temps avant sa mort, notre Père a reçu et porté dans sa chair les stigmates de Jésus crucifié... Bénissez donc le Dieu du ciel et de la terre ; louez-le de ses éternelles miséricordes, et souvenez-vous de notre vénérable Père en Dieu. Priez pour lui, c'est son dernier désir; et invoquez-le lui-même, afin de mériter de participer à sa gloire. Il est mort samedi soir, 3 octobre, une heure après la tombée du jour. Priez-le de mettre à notre tête un autre lui-même, un chef vaillant comme les Machabées, pour nous conduire au combat. Et parce que c'est une pensée salutaire de prier pour les défunts, priez pour le repos de son âme. Chaque prêtre dira trois messes, chaque clerc le psautier, les frères laïcs cinq Pater; les clercs chanteront avec solennité les vigiles des morts. — Frère Élie, pécheur (1 . »

On est heureux de retrouver un tel éloge de notre Saint dans la bouche du Frère Élie, dont le témoignage ne saurait être suspect.

1. Saint François et les Franciscains, par le P. Pamphile, t. I, c. vin, n. xx.

Par respect pour les dernières volontés de leur Père, les Frères-Mineurs ne mirent aucune épitaphe sur sa tombe ; mais le Très-Haut allait se charger lui-même de rendre cette tombe à jamais illustre, à jamais éloquente, à force de prodiges et de bienfaits. A peine était-elle fermée, qu'elle devenait un foyer d'action surnaturelle et que les miracles s'y multipliaient.

Ici, c'est une jeune fille d'Assise qui a la tète monstrueusement retournée sur l'épaule, et qui se relève guérie; là, c'est un vieillard, compatriote et ami du Saint, et aveugle depuis cinq ans, qui recouvre soudainement la vue (1).

« A Capoue, un enfant, jouant sur la rive du Volturno, tombe dans le fleuve et s'y noie. Bientôt la foule s'attroupe autour du cadavre ; les chrétiens et les Juifs eux-mêmes, émus de la douleur du père de cet enfant, invoquent le nom de saint François. Et sur-le-champ le mort ressuscite, se jette dans les bras de son père, et le prie de le conduire à l'église du saint Patriarche, auquel il se reconnaît redevable de la vie (2).

«APennaco, dans laPouille, une mère pleure sur le cadavre de sa fille unique, et s'oppose aux funérailles, dans l'espérance que saint François ne l'abandonnera point dans une pareille affliction. Sa prière n'est point perdue : le Saint lui apparaît, et lui rend sa fille pleine de vie et de santé.

« Autre prodige plus surprenant encore. A Monte

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