‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 316 sur 347 · Bernard de Besse, 31s. de Turin · texte numérisé non relu

Bernard de Besse, 31s. de Turin

une grosse somme d'argent pour l'achèvement de l'édifice (1). A cet envoi il joignait une lettre où il nommait commissaires apostoliques pour la circonstance le Ministre général et quelques autres Religieux du même Ordre.

Le 25 mai, samedi, veille de la Pentecôte, on commença de grand matin la cérémonie de la translation. Le corps fut retiré de son tombeau provisoire et porté sur les épaules des clercs, au milieu d'un cortège imposant, d'un grand concours de peuple et d'un immense enthousiasme provoqué par les miracles qui s'opéraient sur le passage de la châsse (2).

Pourquoi faut-il ajouter les détails qui suivent? Le cortège était arrivé en bon ordre jusqu'à la Colline du Paradis, lorsque tout à coup les miliciens qui composaient la garde d'honneur, se précipitent tumultuairement sur la châsse, l'emportent dans l'église dont ils ferment les portes avec violence, puis enfouissent le sacré dépôt à une grande profondeur, derrière une énorme grille de fer, au centre d'un caveau creusé dans le roc vif et dont eux seuls avaient le secret. Par suite de ce désordre, les commissaires apostoliques ne purent remplir leur office ni apposer leurs sceaux sur le cercueil; et ainsi la fête, commencée sous les plus brillants auspices, se termina par une sorte de profanation. Le Frère Élie, impliqué dans ce scandale, prétexta, pour se justifier, qu'il avait voulu soustraire la précieuse relique à la rapacité des cités voisines (3). Que ce motif fût fondé ou

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