Chronique des vingt-quatre généraux
CHAPITEE XIX. 429
non, la nouvelle du désordre d'Assise n'en eut pas moins un douloureux retentissement dans le cœur du saint Pontife Grégoire IX. Justement irrité contre les habitants de cette ville, il chargea les évoques de Pérouse et de Spolète de leur adresser de sévères reproches sur leur ingratitude, et de fulminer contre eux, s'ils ne réparaient noblement leur faute dans l'espace de quinze jours, la sentence d'interdit et d'excommunication (1). La vieille cité, qui, après tout, n'avait péché que par excès de piété, en vue de mieux s'assurer la possession de son trésor, ne s'endurcit point dans sa révolte : elle envoya sur-le-champ des délégués à Rome pour faire amende honorable, et tout fut pardonné.
Cet incident, qui n'avait rien de grave en soi, eut les plus fâcheuses conséquences : on resta plus de six siècles sans connaître le lieu précis où reposaient les reliques du saint Patriarche. L'imagination des peuples eut beau jeu pour composer les plus gracieuses légendes sur l'attitude et les qualités du corps stigmatisé ; mais la certitude faisait défaut. Ce n'est qu'au dix-neuvième siècle qu'on a déchiré le voile qui recouvrait ce mystère, et voici dans quelles circonstances. En 1818, Pie VII autorisa le Père Joseph de Bonis, général de l'Ordre des Frères-Mineurs conventuels, à faire des fouilles dans les flancs rocheux de la montagne, sous le maitre-autel de l'église inférieure. Après un travail secret de cinquante-deux nuits, on découvrit enfin la grille de fer; et dans la nuit du 12 décembre, la châsse apparut