Bref Speravimus
en entier. Le squelette était intact et répandait une odeur suave ; les bras étaient croisés sur la poitrine; la châsse était en travertin, et d'une grandeur disproportionnée à celle du corps ; une pierre placée sous la tête du squelette tenait lieu de coussin mortuaire. On sait que c'était là l'oreiller ordinaire de notre Saint. Autour du tombeau gisaient dans la poussière un anneau d'argent avec une coraline antique encastrée dans le chaton, des débris d'étoffe, des pièces de monnaie du temps, et vingt-huit grains de chapelet, douze en ambre et seize en ébène. Il n'y avait pas d'inscription tumulaire; mais aussi bien à quoi eûtelle servi ? La basilique ne porte-t-elle pas le titre de « Sépulcre de saint François? » Et le nom du séraphique Père ne se lit-il pas sur tous les murs? Néanmoins Pie VII délégua les évèques d'Assise, de Nocera, de Spolète, de Pérouse et de Foligno, pour faire une enquête sur l'identité du corps. Puis, après avoir lu lui-même toutes les pièces, il déclara, dans un bref daté du 5 septembre J 820, qu'il constait de la validité de la procédure et de l'identité du corps, confirma les privilèges accordés par ses prédécesseurs, et, ce qui ne se lit dans la vie d'aucun autre saint, choisit saint François pour protecteur de la papauté (1). Quatre ans après, Léon XII instituait la fête de l'Invention du corps de saint François. En même temps, le caveau était transformé en un glorieux sanctuaire, auquel on a donné le titre d'église sépulcrale. C'est là que reposent, sous la même grille, dans la même urne et le même emplacement qu'autrefois, ces
1. Saint François et les Papes, par le R. P. Orland, S. J. (Voir la Sicilia cattolica, septembre 1882.)