‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 328 sur 347 · CHAPITRE XX. 44o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. 44o

2° A l'époque de la Révolution française ;

3° Actuellement.

Nous nous occupons principalement de la France, et uniquement du premier Ordre. Il suffira de dire pour l'Institut des Clarisses qu'il a toujours compté moins de sujets que celui des Frères-Mineurs, et pour le Tiers-Ordre qu'il a constamment été trois ou quatre fois plus nombreux que les deux autres réunis.

Au XIIIe siècle, les Franciscains furent les plus ardents propagateurs de la foi. Milice d'avant-garde, pionniers de la civilisation, ils plantèrent la croix sur les rivages les plus barbares, et reculèrent jusqu'au fond de l'Orient les frontières de l'empire chrétien. Au moment de la mort du séraphique Père, c'est-à-dire moins de vingt ans après la création de leur Institut, ils avaient des couvents ou des stations sur les différents points du globe : — en Asie , à Jérusalem, d'où ils s'élançaient avec Gentil de Matelica, Thomas de Tolentino et Odéric de Pordenone pour pénétrer dans la Perse et dans l'Inde (1233), avec Jean de Piano-Carpino et Guillaume de Ruysbroëck pour convertir le Grand Khan des Tartares (1245), avec Jean de Monte-Corvino pour évangéliser la Chine (1) ; — en Afrique, à Maroc, à Fez, à Tunis.

1. En 1307, Clément V nomma un Frère-Mineur, Jean de Monte-Corvino, archevêque de Pékin, et lui donna poursuffragants sept évêques choisis dans le même Ordre. Chassés par

Bientôt l'Abyssinie, l'Egypte, la Guinée, le Congo, les Açores, retentissaient de leurs prédications.

Les successeurs de saint François, Jean Parent, le Frère Élie (1), Albert de Pise, étaient les organisateurs de cet immense apostolat ; l'Europe en était le centre et le foyer. Toutes les grandes villes tenaient à honneur de posséder une maison de l'Ordre: — en Italie, Venise, Naples, Florence et Milan, sans compter cent autres villes moins importantes; — en Espagne, Madrid, Barcelone, Tolède et Lérida; — en Portugal, Coïmbre et Lisbonne ; — dans les États-Sardes, Turin ; — en Belgique, Bruxelles et Louvain ; — en Bohème, Prague ; — dans la Grande-Bretagne, Oxford et Kilkenny. En France, saint François luimême avait fondé le couvent de Gap (4213). Un peu plus tard, Bonelli premier Provincial de Provence,

les hordes barbares de Tamerlan (1406), les Franciscains rentrèrent le plus tôt qu'ils purent dans le Céleste-Empire, pour y reprendre l'œuvre de leurs devanciers. Ce fut un franciscain, don Juan d'Albuquerque, évèque de Goa, qui donna l'hospitalité à l'apôtre des Indes, saint François-Xavier. Un peu plus tard (1580), le célèbre Père Matthieu Ricci, de la Compagnie de Jésus, profita de son influence sur l'empereur de Chine pour faire rendre la liberté à trois Frères-Mineurs qui languissaient dans les prisons. Voir Rohrbacher,# istoire de l'Église, l.LXXIX. (1) Élie est un des personnages les plus considérables de cette époque et les plus diversement appréciés. Thomas de Celano et les Trois Compagnons rendent témoignage qu'il resta fidèle à sa mission tant que vécut le saint fondateur. Thomas Eccleston, Mathieu Paris, Bernard de Besse, écrivent qu'il était sans rival pour l'éloquence de la chaire; Salimbéné, son disciple, qu'il fut le promoteur des études théologiques. Hubertin de Casai et la plupart des auteurs des xiv" et xve siècles ont, au contraire, flétri sa mémoire. Pour nous, nous croyons qu'il avait reçu d'en haut la mission d'organiser, en la continuant, l'œuvre du séraphique Patriarche. S'il y eût répondu, il aurait brillé d'un éclat incomparable dans la constellation des grands

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