‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 33 sur 347 · Questa privatadel primo marito · texte numérisé non relu

Questa privatadel primo marito

Mille e cent' anni e più, dispetta et scura, Fino a costui si stetti sensa invito.

(Dante, Paradis, c. xi.)

C'était là cette fiancée dont l'Esprit-Saint venait de lui découvrir l'incomparable beauté ! C'était là cette épouse mystique, trop longtemps méprisée du monde, à laquelle François allait s'unir par des nœuds sacrés et indissolubles, pour en faire son unique compagne, sa dame et sa souveraine !

Il avait dit un éternel adieu aux vanités du siècle. Dès lors, abandonnant, autant qu'il le pouvait, les soins du négoce paternel, il chercha un lieu solitaire pour y étudier les moyens d'acquérir le joyau de la divine charité. En cela, il obéissait aux désirs intimes et à l'impulsion secrète de son cœur, non moins qu'aux attraits du ciel ; car, après les grands coups de la grâce, comme après les grands deuils de la vie, l'homme sent le besoin de fuir la société de ses semblables pour se mieux recueillir. C'est là un phénomène qui se reproduit dans la vie de chaque saint.

François se retira dans une grotte voisine d'Assise. Il y passait la plus grande partie de ses jours, seul avec Dieu, le conjurant avec larmes de lui pardonner les années d'oubli de sa jeunesse et de diriger désormais ses pas dans les droits sentiers de la perfection. Quand il sortait de cette caverne, il était pâle et défait, comme s'il se fût livré à un travail au-dessus de ses forces. En revanche, son âme était remplie d'une joie qu'il épanchait quelquefois, en mots voilés, dans le sein d'un ami, un des jeunes gens de son âge, le seul qui lui fût resté fidèle. « J'ai trouvé un trésor, lui disait-il ; j'ai trouvé un trésor. > Ce trésor, dont il n'indiquait pas la nature, c'était cette perlé précieuse dont il est parlé dans

Page 1