Frédéric Mori.w Saint François et les Franciscains
(1260), ils y possédaient 244 couvents formant cinq provinces.
Un institut qui se multipliait de la sorte et envoyait ses vingt mille religieux par tout l'univers, devait s'attendre à subir l'épreuve de l'inconstance humaine. Il fut soumis, en effet, à plusieurs transformations; mais ces transformations, dont le but incontestable était de le ramener à sa ferveur primitive, se firent toujours aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ. La plus célèbre et la plus considérable de ces réformes fut celle des Observants (1368), qui eut pour auteur Paoluccio de Trinci, et que le Concile de Constance approuva solennellement. Léon X, ayant tenté de fondre en un seul corps les Observants et les Conventuels (c'est-à-dire ceux qui faisaient profession d'observer exactement la Règle, et ceux qui avaient reçu le privilège de posséder], et n'ayant pu y réussir, les sépara en deux congrégations distinctes, et remit le sceau de l'Ordre au Général de l'Observance (loi 7). Peu de temps après (1525), un Père de l'Observance, Mathieu de Basci, faisait une nouvelle réforme, celle des Capucins : réforme qui, autorisée par le pape Clément VII, et favorisée par Charles IX et Catherine de Médicis, ne tarda pas à devenir en France la branche la plus nombreuse, la plus populaire. Le Siège apostolique a sanctionné ces différences ; et les trois branches qui forment le premier Ordre (Conventuels, Observants et Capucins) ont chacune leur histoire, leurs illustrations, leurs saints (1).
1. Chacune a ses privilèges. Aux Conventuels est confiée la garde des tombeaux de saint François d'Assise et de saint