CHAPITRE XX
C'est un Frère-Mineur, Roger Bacon, qui le premier a scientifiquement démontré l'existence des antipodes et d'un continent inconnu. C'est un disciple du séraphique patriarche, le tertiaire Christophe Colomb, qui a découvert ce continent. Les universités et les académies, les savants et les rois n'ont eu pour l'immortel navigateur que du dédain et des sarcasmes ; seul, l'Ordre franciscain l'a recueilli aux jours de sa détresse ; seul avec Jean Pérez, gardien delà Rabida, etFrançoisde Calabre, confesseur delà reine Isabelle, il a compris et admiré son génie ; seul, il lui a obtenu les moyens d'exécuter ses gigantesques projets (1). Après le succès de Christophe Colomb, il semble que l'Amérique soit devenue l'héritage et le domaine des Frères-Mineurs. Un franciscain, Jean Pérez, y plante le premier la croix, y célèbre la première messe, y donne le premier baptême. Un autre franciscain, Quevedo, en est le premier évêque; un Frère- Mineur français, le Père Cousin, y subit le premier le marlyre. — Avec Pierre de Gand, Martin de Valence, François de Solano, Garcias de Padilla, ils évangélisent les premiers le Mexique, le Pérou, le Paraguay, le Brésil, le Canada, toutes les Indes Occidentales, où ils conquièrent plus de peuples à la religion catholique que la révolte de Luther ne lui en ravit. A la suite de Sébastien, de Saint-Joseph et de Pierre Gonzaga, ils pénètrent au sein des îles les plus lointaines, perdues dans l'immensité des mers ; ils fondent en Océanie une province qui compte bientôt trois cents religieux et huit cent mille chrétiens.