‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 40 sur 347 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

que toutes ces rigueurs n'aboutirent qu'à un seul résultat: affermir et faire éclater la vertu du jeune captif. A tous les outrages de son père, il n'opposa, en effet, que la douceur la plus inaltérable, heureux de souffrir pour la justice, uniquement désireux d'accomplir l'œuvre de Dieu, et se contentant de répéter pour sa défense ce que le Prince des Apôtres avait répondu aux magistrats de Jérusalem : « 11 vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes (1). »

Nous avons rapporté le fait sans commentaire, d'après les biographes contemporains; mais il y a une question qu'ils n'ont pas touchée et qu'il nous semble bon d'éclaircir. La voici : « En quoi la conduite du père est-elle répréhensible, et quelle est sa part de responsabilité dans ces conjonctures? » A notre avis, le tort de Bernardone est d'avoir mis obstacle, avec une obstination qu'on peut excuser, mais non justifier, à la vocation de son fils. Car celle de François était manifeste : Dieu la lui avait révélée en termes précis dans l'église de Saint-Damien, quand il lui avait dit : « François, va, répare ma maison qui tombe en ruine. » Le saint jeune homme obéissait, c'était son devoir. Et lorsque son père l'arrête, sans " égard pour les oracles du ciel, lorsqu'il l'enferme dans un cachot, sous prétexte que la carrière embrassée par François est un déshonneur pour sa famille, il usurpe, peut-être à son insu, les droits du souverain Seigneur; et l'histoire, d'accord avec la conscience, le condamne pour avoir étrangement abusé de l'autorité paternelle.

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