Boxa vent., c. n
mendiant des pierres pour l'amour de Jésus-Christ, sans affectation, mais aussi sans honte, et disant avec une admirable simplicité : « Qui me donnera une pierre aura une récompense; qui m'en donnera deux, en aura deux; qui m'en donnera trois, en aura trois (1). »
Grand fut alors l'émoi dans toute la cité. Parmi ses compatriotes, les sentiments étaient fort partagés : les uns le poursuivaient de leurs injures et de leurs railleries; les autres passaient sans lui répondre; d'autres enfin, pensant qu'on ne pouvait attribuer qu'à Dieu un si complet changement de vie, l'aidaient de leurs propres mains ou de leurs aumônes à relever les ruines du sanctuaire de Saint-Damien. Pour lui, il recevait avec une égale reconnaissance les affronts et les offrandes, les affronts pour le bien de son âme, et les offrandes pour la restauration du vieux monument. On vit alors ce jeune homme de bonne famille, habitué aux délices de la vie, porter sur ses épaules, comme un manœuvre, les matériaux nécessaires à la construction. Il travaillait sans relâche, si bien que ses membres, exténués par les jeûnes et les rigueurs de la pénitence, ployaient sous le fardeau. Le prêtre qui desservait cette église (c'était toujours don Pietro) eut pitié de lui; et, malgré son peu de ressources, il lui préparait un bon repas à la fin de ses journées. François accepta d'abord cette généreuse hospitalité; mais au bout de quelques jours, il se fit ces réflexions : c François, trouveras-tu partout un prêtre qui t'accueille aussi cordialement? Est-ce là, du reste, cette