‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 53 sur 347 · BON'AYENT. , C. II · texte numérisé non relu

BON'AYENT. , C. II

Des trois temples qu'il avait réparés, l'homme de Dieu préférait la Portioncule : c'était son oratoire de prédilection et sa demeure habituelle. Prenant la Reine des Anges pour son avocate, humblement agenouillé devant son image, il la suppliait nuit et jour de lui faire connaître les voies de la perfection évangélique où il devait marcher. Car, depuis deux ans, il suivait, il est vrai, tous les mouvements de la grâce, mais sans avoir aucun pressentiment de sa véritable vocation, semblable à ces marins hardis qui voguent sans crainte sur les flots d'un océan inexploré, mais qui cherchent un port où ils puissent jeter l'ancre. Ce port tant désiré, Dieu le lui montra enfin; voici dans quelles circonstances.

Le 24 février 1209, François, à genoux dans son sanctuaire favori, assistait au saint sacrifice de la Messe, que don Pietro offrait, sur sa demande, en l'honneur de l'apôtre saint Mathias. Lorsque le prêtre en fut venu à lire dans l'évangile du jour : « Allez, ne portez ni or, ni argent, ni monnaie dans votre bourse, ni sac, ni deux vêtements, ni souliers, ni bâton, » ces paroles furent pour le jeune pénitent un trait de lumière. Il vit clairement que le port c'était pour lui la vie religieuse, et que sa vocation spéciale c'était la pauvreté apostolique. Alors son regard s'illumina, sa figure devint radieuse : « Voilà ce que je cherchais, s'écria-t-il! Voilà ce que j'appelais de tous mes vœux ! » Au même instant, il jette avec horreur sa bourse, son bâton, ses chaussures, se revêt d'une grossière tunique, de couleur gris cendré, et part pour Assise, les pieds nus, les reins ceints d'une

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