Boxayent., C. III. — 2. Waddixg, t. I, p
combla de joie, et le récit qu'il en fil à ses Frères ranima leur courage (1).
A Rome, François eut le bonheur de retrouver le vieil évêque d'Assise, qui lui fit l'accueil le plus affectueux et lui procura la protection de deux cardinaux très influents, Jean de Saint-Paul, évêque de Rieti, et Hugolin, neveu du Pape et Pape plus tard lui-même sous le nom de Grégoire IX. Cependant, la même Providence qui lui ménageait l'appui de deux personnages si considérables, lui réservait aussi, pour accroître ses mérites, une petite humiliation. La première audience qu'il eut au palais de Latran ne lui fut pas favorable. Innocent III, songeant peutêtre aux faux pauvres de Lyon, à ces Vaudois dont les crimes ensanglantaient encore le midi de la France et dont l'orgueil avait osé réclamer l'approbation apostolique, et prenant cet homme chétif pour un solliciteur importun, le renvoya sans vouloir l'entendre. Mais la nuit suivante, il eut un songe mystérieux : il vit croître à ses pieds, peu à peu, une palme qui devint un bel arbre. Il se demandait ce que pouvait signifier cette vision, lorsque Dieu lui fit comprendre que cette palme était l'emblème du pauvre qu'il avait rebuté la veille. A son réveil, il donna l'ordre d'aller immédiatement à la recherche de cet étranger. On trouva l'humble pèlerin dans une des salles de l'hôpital Saint-Antoine, et on l'amena au palais de Latran. Dans cette seconde audience, Innocent III, pontife d'une sagesse qui n'avait d'égale que sa vertu, le reçut au milieu des cardinaux,