‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 67 sur 347 · Thomas de Celano, Vita prima, p. I, c. xvi · texte numérisé non relu

Thomas de Celano, Vita prima, p. I, c. xvi

était un globe de lumière aussi resplendissant que le soleil, pénétra dans le réduit des Frères à Rivo- Torto, et en fit trois fois le tour. On ne saurait dépeindre leur étonnement à la vue de ce char de feu ; leur admiration s'accrut encore, quand ils se virent éclairés au dedans comme au dehors, et que chacun put lire dans la conscience de ses compagnons comme dans un livre ouvert. Il était impossible de s'y méprendre, ce char de feu, ce globe de lumière, cet Élie du Nouveau Testament, c'était le guide de leur âme , c'était leur bienheureux Père. A son retour, François les affermit dans leur croyance à la réalité de cette vision, leur découvrit les replis les plus cachés de leurs consciences, et leur prédit les glorieuses destinées de l'Ordre. Les disciples reconnurent que l'Esprit de Dieu reposait sur leur humble fondateur, et qu'ils pouvaient suivre sans crainte sa doctrine et ses exemples (1).

Le second fait n'est pas moins remarquable. C'était vers la fin de septembre (1209) , Othon IV., seul maître de la Germanie par suite de l'assassinat de Philippe de Souabe, son compétiteur, traversait l'Ombrie, se dirigeant vers Rome avec une brillante escorte, pour s'y faire sacrer et couronner empereur parle Pape Innocent III. François ne sortit ni ne se détourna pour voir passer le faste et l'orgueil du César allemand ; mais il chargea l'un de ses Frères de lui porter ce message : « Sache, ô prince, que ta

1. Bonavent., c. iv. — Thomas de Celano et Jean de Cepraao placent le même fait à la Portioncule. Saint Bouavcnture a-t-il voulu corriger une erreur ou s'est-il trompé? Nous laissons à d'autres le soin de trancher la question.

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