CHAPITRE VI
veslre. En entrant clans celte ville, il la trouva divisée en deux factions prêtes à en venir aux mains, et aperçut une armée de démons qui volaient de rang en rang pour exciter les citoyens à s'entr'égorger. Aussitôt il se tourne vers son compagnon, et lui commande d'aller sur les remparts pour chasser les démons. Silvestre obéit, et plein de cette foi qui transporte les montagnes, il crie de toutes ses forces : « Tout ce que vous êtes ici d'esprits immondes, fuyez au loin, je vous l'ordonne au nom du Dieu tout-puissant et de François son serviteur. » Au même moment , les anges de ténèbres s'enfuient; les haines s'apaisent dans les cœurs, et les deux partis se réunissent autour de François; l'ardent apôtre leur parle de paix et d'amour, avec une éloquence qui fait tomber les armes des mains des combattants; et au nom de l'Évangile, il réconcilie des passions trop souvent irréconciliables (1).
D'Arezzo, l'homme de Dieu se rendit à Florence. Cette grande cité, si renommée dès lors pour son commerce, et qui devait un siècle plus tard, sous les Médicis, jeter un si vif éclat, ne se montra pas moins empressée que ses voisines à entendre la parole du saint. Le séjour de François y fut d'assez courte durée, mais il fut signalé par plusieurs événements qui méritent d'être rapportés. Les habitants firent don au saint fondateur du petit couvent de San-Gallo, situé aux portes de la ville ; et dès la première heure la Providence se plut à susciter de nombreuses voca-