‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 86 sur 347 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pendant que saint François était à l'ermitage de San-Gallo, trois habitants de la ville vinrent lui faire visite : ils amenaient leurs fils pour qu'il les bénit. Notre Bienheureux alla, sans rien dire, cueillir cinq figues au jardin, en donna une à chacun des deux premiers enfants, remit les trois autres au dernier, et lui dit en le caressant : « Toi, mon enfant, tu seras un jour un des miens, » La prédiction s'accomplit peu d'années après ; l'enfant devenu jeune homme entra dans l'Ordre des Frères-Mineurs, et reçut le nom de Frère Ange qu'il justifia par une vie toute céleste (1 ,

Après de nombreuses excursions à travers la Toscane, notre saint missionnaire revint à Notre-Damedes-Anges, escorté de ses nouveaux disciples. Il lui tardait de revoir sa chère Portioncule ainsi que ses premiers compagnons, et d'ailleurs il avait à cœur d'éprouver la vocation des postulants ; car il craignait que la ferveur n'allât diminuant pendant que le nombre augmentait.

À cette époque, le couvent de Notre-Dame-des- Anges était Tunique noviciat de l'Ordre. Le saint fondateur, persuadé que les commencements d'une œuvre décident de son avenir et lui impriment sa physionomie, s'était réservé le pouvoir d'admettre les postulants, et s'était chargé de les former luimême aux vertus de la vie religieuse. A mesure que les vocations se multipliaient, il se montrait plus sévère clans l'admission des novices, de peur que l'ivraie ne se mêlât au bon grain. On se doute bien

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