‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 87 sur 347 · I. YVaddinq, t. I, p · texte numérisé non relu

I. YVaddinq, t. I, p

peu clans le monde de ce qu'est un noviciat ; et, à vrai dire, il faut avoir passé par là pour pouvoir se rendre compte des joies et des épreuves qu'on y rencontre. Voilà pourquoi nous pensons faire plaisir à nos lecteurs en les initiant aux mystères de ces années de probation, et en leur faisant connaître ce que devait être un noviciat de Frères-Mineurs dans la pensée de saint François.

Pour lui, un noviciat était une sorte de sanctuaire ayant deux portes ouvertes, l'une sur le ciel pour parler des hommes à Dieu, l'autre sur la terre pour parler de Dieu aux hommes. Faire de chaque novice un féal chevalier du Christ, un dévoué serviteur de ses frères, un amant de la pauvreté évangélique , voilà le but qu'il se proposait et qu'il eut le bonheur d'atteindre. De là, le soin extrême qu'il prenait d'étudier et de diriger la vocation des postulants.

Les travaux les plus simples lui procuraient l'occasion de mettre leur vertu à l'épreuve. Les chroniqueurs nous racontent à ce propos plusieurs traits dont la naïve originalité fera peut-être sourire les beaux esprits du siècle, mais qui n'en renferment pas moins de profonds enseignements. C'est ainsi qu'un jour, deux postulants s'étant présentés ensemble à Notre-Dame-des-Anges, François leur enjoignit d'aller au jardin planter des choux la tète en bas. L'un d'eux, homme simple et bon, obéit sur-lechamp ; l'autre refusa, en répliquant d'un air plein de suffisance : « Mon Père, ce n'est pas ainsi qu'on fait dans mon pays ! * Le saint Patriarche accepta le premier et renvoya le second.

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