Bo.N'AVENT., C. VIII
damna le coupable à être dépouillé du saint habit. C'était une peine disciplinaire des plus graves, et que nous ne pouvons mieux comparer qu'à celle de la dégradation pour le soldat.
Après des épreuves plus ou moins multipliées, le saint fondateur s'attachait à développer dans le cœur des novices les vertus qui lui étaient le plus chères et qu'il regardait comme fondamentales. Rien d'intéressant comme les conférences qu'il donnait à ses Frères; elles forment un véritable traité de vie spirituelle. Nous en donnerons quelques extraits, pour que nos lecteurs puissent en apprécier la valeur.
Le premier soin de cet excellent maître était d'inspirer à ses disciples l'horreur du monde et l'amour de leur vocation. Après quoi, il posait les fondements de la vie religieuse, et tout d'abord cet esprit de foi qui déifie les actions les plus vulgaires, et qui nous apprend que tout ce qui n'est pas pour Dieu n'est rien et que ce qui n'est pas pour l'éternité n'est qu'un mensonge; puis l'esprit d'oraison, qui est l'aliment de la vie surnaturelle, et à propos duquel il répétait souvent : « Sans l'oraison, on ne saurait faire aucun progrès dans la vertu, ni persévérer longtemps dans les devoirs de son état. Un Frère-Mineur doit donc être avant tout un homme d'oraison (1). »
Il insistait peut-être plus encore, et avec raison, sur l'humilité dont il se plaisait à rappeler l'excellence et la nécessité. «C'est à l'humilité, s'écriait-il (2),
i. Boxavext. , c. x.— 2. Œuvres de saint François d'Assise, p. III, passim.