‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 98 sur 347 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

au silence, qu'il sortirait de l'Ordre; à l'autre, qui avait déjà quitté le saint habit et qui demandait à le reprendre, qu'il serait pendu s'il retombait dans ses fautes. Les deux prédictions se réalisèrent, et François pleura amèrement sur le double malheur qu'il n'avait pu empêcher (1).

Autant il était attentif à discerner les vraies vocations des fausses, autant, après l'année de probation, il s'appliquait à distribuer sagement les emplois selon les aptitudes de chacun, pour la plus grande gloire de Dieu. Ceux en qui il remarquait plus de jugement et de maturité d'esprit, il les envoyait fonder de nouveaux monastères sur la requête des évèques; ceux qui avaient reçu d'en haut le don de la parole, il les consacrait au ministère de la prédication ; il laissait les autres s'adonner à la vie contemplative, ou bien au soin des malades. Pour lui, il se croyait obligé de donner l'exemple à tous, et jamais, en effet, ses actions ne démentirent les conseils de perfection qu'il donnait aux autres.

Le Très-Haut semait ses bénédictions sur le petit couvent de Notre-Dame-des-Anges. Les vocations y affluaient de toutes parts, attirées parla bonne odeur des vertus de notre saint; clercs et laïques, patriciens et plébéiens embrassaient avec ardeur l'austère discipline d'un noviciat qui ressuscitait les merveilles de l'Église primitive, et cette magnifique floraison de sainteté était due, après Dieu, au zèle du Mendiant d'Assise (2) .

4. Légende des trois compagnons, append.; — Tu. de Celano, Vita secunda, p. II, c. i. — 2. Thomas de Celano, \'ita prima, p. I, c. xv.

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