CHAPITRE XIII
ce chancre qui dévore les deux mondes, qu'opposer, sinon l'association chrétienne, c’est-à-dire l'union des énergies viriles et des dévouements spontanés se serrant autour de la Croix pour la défense du droit outragé et de la vérité méconnue ? Et quelle association est plus apte à ce dessein que le Tiers Ordre, où le prince et l'avocat coudoient le travailleur ? Et s’il a déjà sauvé le moyen âge des folies du
Saint Francois rend la santé au Frère Sylvestre en partageant avec lui une ù het ÈR grappe de raisin. (D'après Sermei.)
manichéisme, pourquoi ne préserverait-il pas le dix-neuvième siècle des horreurs de la démagogie ? Ces vues sur le passé, ces espérances pour l'avenir, ont guidé Léon XIII dans les conseils qu'il adresse à tous les évêques de l’univers, et où le Tiers Ordre franciscain est nommément désigné. | |
« Vénérables Frères, leur écrit-il, déployez tout votre zèle pour propager et affermir une institution qui a pour but, dans l'esprit du fondateur, d'attirer les hommes à l’imitation du Christ, à l'amour de l'Église, à la pratique des
vertus chrétiennes. Elle pourra vous être d’un grand secours pour faire disparaître la lèpre des sectes maçonniques. Que le Tiers Ordre fasse donc chaque jour de nouveaux progrès. Parmi les nombreux avantages qu'on est en droit d'attendre d’une si sainte association, il en est un qui prime tous les autres : c'est qu'elle est une école de liberté, d'égalité, de fraternité, trois mots dont la franc-maçonnerie abuse étrangement, mais en réalité trois grandeurs apportées au monde par le divin Rédempteur et précieusement gardées par saint François. Nous voulons parler de cette liberté des enfants de Dieu qui refuse de porter le joug odieux de Satan et des passions ; — de cette fraternité dont la source se perd en Dieu, notre commun Créateur et Père ; — de cette égalité qui, fondée sur les droits de la justice et de la charité, loin de rêver l'abolition des distinctions sociales, fait dela variété même des conditions et. des devoirs un concert harmonieux, tout au profit des intérêts et de la dignité des peuples (1). » | L'institution séraphique sera-t-elle pour la franc-maçonnerie le grain de sable où s'arrêtent toutes les furcurs de l'Océan ? Avec le chef de la catholicité nous l’osons croire; car, en toutes choses, le dernier mot est à Dieu, qu'aucune puissance ne peut détrôner et qui fait servir les crimes de ses ennemis, aussi bien que la fidélité de ses serviteurs, à l'accroissement de sa gloire et à l’exaltation de son Église.
(4) Encyclique Humanum genus, du 20 avril 188#.