‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 121 sur 189 · APOSTOLAT DU SAINT DANS L'ITALIE MÉRIDIONALE. APPROBATION DE LA RÈGLE · texte numérisé non relu

APOSTOLAT DU SAINT DANS L'ITALIE MÉRIDIONALE. APPROBATION DE LA RÈGLE

En l’année 1222, notre Saint, toujours dévoré du zèle des âmes, fit une longue excursion à travers l'Italie méridionale, la seule partie de la Péninsule quil n eût pas encore évangélisée. Descendant par Rome, Gaëte et Naples, il s'avança jusqu'à la pointe de la presqu'île pour visiter en passant la grotte du mont Gargano, si célèbre par l'apparition de l'archange saint Michel; puis il remonta vers l'Ombrie, en longeant le littoral de l'Adriatique. Il serait difficile de le suivre dans tous les détails de cette course apostolique ; mais nous avons à cœur d'en rapporter les principaux incidents, pour en faire jouir nos lecteurs.

A Toscanella, notre Bienheureux, logeant dans la maison d'un gentilhomme dont le fils unique avait les deux jambes paralysées, guérit le jeune malade d'un signe de croix (1).

À Rome, il lia connaissance avec le prince Matthieu de Rossi, de la famille patricienne des Orsini. Matthieu était un de ces hommes comme on en trouvedans tousles siècles, qui savent garder au milieu des splendeurs et des séductions

(4) Tu. DE CELANO, Vita prima, p. 1, c. xxunt.

du monde un cœur détaché de tout. Aux pratiques de la piété il joignait l'habitude des œuvres de miséricorde, et sa porte était toujours ouverte aux indigents. Dès la première rencontre, il s'établit entre ces deux personnages une de ces affections qui, nées de l'harmonie des goûts et des mystérieuses affinités de l'âme, ne font que croître avec le temps. Un fait que nous raconterons dans toute sa simplicité nous montre toute l'estime, toute la vénération que le prince avait pour le Pénitent d'Assise. Il avait invité le Saint à diner chez lui, en lui indiquant l'heure précise du repas ; mais étant arrivé un peu en retard, il ne trouva plus François à la maison. Il le fit chercher partout, déclarant qu'il ne se mettrait pas à table que le serviteur de Dieu ne fût présent. Déjà il était inquiet, lorsqu'il l'aperçut parmi la foule de ses pauvres familiers. Touché de cet acte d’'humilité, il descendit en toute hâte et vint se placer aux côtés du Bienheureux, en lui disant : « Je viens m asseoir à votre table, puisque vous n'avez pas voulu vous asseoir à la mienne. » Et le prince et le Saint, humblement assis par terre, prirent leur repas ensemble dans la compagnie des pauvres (1).

L'amitié des saints porte bonheur. Avec Fransois: les bénédictions du Ciel étaient descendues sur la maison de son hôte. Il les y affermit par une prédiction qui toucha tous les cœurs. Le prince avait un fils encore à la mamelle; il pria le Saint, en qui il avait toute confiance, de le bénir. Françoit bénit donc le petit Jean (c'était le nom de l'enfant prédestiné); puis il le prit dans ses bras, le couvrit de caresses, et attachant sur lui des regards pleins de bienveillance, il s’écria : « Cet enfant ne sera pas un religieux de notre Ordre, mais il en sera le protecteur. On

(4) Waonixc, t. Il, p. 36.

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