‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 129 sur 189 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

thenticité. « Notre vénérable fondateur, écrit-il, alla visiter saint Francois dans le couvent d'une petite ville, où celui-ci tenait un Chapitre de son Ordre. On sait de quelle étroite amitié ils s'étaient liés à Rome, et combien ils aimaient à discourir ensemble des choses de Dieu. Quand vint l'heure du repas, on avertit les deux Saints que les provisions faisaient complètement défaut pour le diner. L'un et l’autre se mirent alors en prière; et se sentant exaucés, ils firent assembler les Religieux au réfectoire. On récita les prières de la bénédiction avec plus de joie encore que de coutume, et l'on s'assit. Dominique et François étaient aux places d'honneur, les yeux levés vers le ciel. Quelques minutes s'étaient à peine écoulées, qu'on vit entrer dans la salle vingt jeunes hommes, qui déposèrent sur la table les pains renfermés dans les plis de leurs manteaux, puis s'en retournérent deux à deux avec une modestie qui n avait d'égale que leur beauté. Après le repas, notre Père saint Dominique fit une chaleureuse exhortation aux Frères, pour les inviter à ne jamais se défier de la Providence, même dans la plus extrême pénurie (1). »

Les annales séraphiques sont émaillées de traits analogues, plus nombreux à l'origine, toujours gracieux comme un sourire du ciel. Ainsi le Verbe incarné prenait à cœur le succès d'une institution née d'un décret de sa miséricorde ; les secours se multipliaient, proportionnés aux difficultés de la Règle; les conseils de l'Évangile refleurissaient en face d'un monde étonné, et le Patriarche d'Assise, aidé de ses Frères, parvenait, à force de persévérance, « à relever les ruines de la maison de Dicu ».

L'œuvre est grandiose; admirons donc aussi l'homme

(1 Apud Waonixc, t. II, p. 290. — Cf. Eo. Voicr, Biogr. de saint François d'Assise. Tubingue, 1810.

providentiel qui en fut l'artisan et y dépensa toutes ses forces. |

Déjà, en effet, à peine âgé de quarante-deux ans, il touche au terme de sa carrière apostolique, si courte aux yeux des hommes, si remplie devant Dieu, si féconde en résultats pour la société. Bientôt nous raconterons les merveilles étonnantes qui la couronnent; mais auparavant, donnons-nous la consolation de contempler une dernière fois les traits de ce visage irradié par l'amour.

La cordelitre de saint Francois entourant le evgne percé d'une fléche. (Château de Blois.)

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