CHAPITRE XVIII
l'empreinte des sacrés stigmates un gage certain de résurrection glorieuse. Dans ses mains et dans ses pieds, on voyait des clous miraculeusement formés de sa chair et tellement adhérents, que, poussés d’un côté, ils avancçaient de l’autre, comme des nerfs fort durs et d’une seule pièce. Rien n'empéchait plus de voir la plaie du côté qu'il cachait avec tant de soin pendant sa vie, cette plaie que la main de l'homme n'avait point faite et qui rappelait à l'esprit celle
1h PLIL PE ny Te De À tr me " Le aa À OR PEPE DE PS OS PE PE IE NP UE EP D D D APN NN DEP DE D Om Dur D A D AU ON A AN AN PTT PQ TN Dada TN TTL É TUT
Saint François mourant se fait lire la Passion. — Il apparait à l’évêque d'Assise et le convainc de la vérité des stigmates. (D'après Giotto.)
du Seigneur Jésus. Les clous avaient la couleur grisâtre du fer ; mais la blessure du côté, avec sa couleur vermeille et ses bords repliés, ressemblait à une belle rose fraichement épanouie. Le teint du saint Patriarche, naturellement brun, un peu basané, avait recouvré l'éclat et la fraicheur du premier âge, et ses membres la souplesse de l'enfance : autant de symboles de la pureté de son âme! On eût dit un autre Christ descendu de la croix et prêt à être enseveli dans le tombeau.
« Cependant, parmi les fidèles qui vinrent baiser les stigmates, on remarqua un chevalier de grande réputation, nommé Jérôme, incrédule comme l'apôtre saint Thomas : comme lui, il examina minutieusement et palpa du doigt les cinq plaies du Bienheureux Père, et comme lui aussi, il fut délivré de tout doute à cet égard. Il devint dans la suite l'un des plus chauds défenseurs de la réalité du miracle. Pendant toute la nuit, les Religieux, les Tertiaires et les amis du Saint chantèrent sans interruption des psaumes et des cantiques devant sa dépouille mortelle : si bien qu'on eût cru assister à la fête d'un Ange plutôt qu'aux funérailles d'un homme (1). »
Le lendemain dimanche, 4 octobre, eurent lieu les obsè-
ques, ou plutôt le triomphe du fidèle serviteur de Dieu. Laissons un témoin oculaire, Thomas de Celano, nous en retracer les scènes imposantes.
Dès le matin, le clergé et les consuls d'Assise se rendirent à Notre-Dame des Anges pour transporter solennellement les restes de leur compatriote. Toute la ville était là; de plus, une foule innombrable, accourue de tous les points de l'Ombrie, encombrait la plaine. Le convoi défila lentement et avec ordre. Les trompettes guerrières ouvraient la marche, selon l'usage du temps; puis venaient les fidèles portant des rameaux d'olivier, et après eux les Frères, tenant des torches ardentes à la main. Deux magistrats et deux Frères Mineurs portaient le corps sur leurs épaules. Le clergé fermait le cortège, et s’avancçait au chant des psaumes et des hymnes de l’Église. Au lieu de prendre le chemin le plus direct, on choisit le sentier détourné qui méne au monastère de Saint-Damien. On déposa le corps dans la chapelle des Pauvres Dames, afin qu’elles eussent la
(1) Boxav., c. xv.