‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 165 sur 189 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

consolation de contempler une dernière fois le visage trans-

figuré de leur fondateur. On ouvrit la grille à travers laquelle

on leur donnait la sainte communion; et Claire, malade,

arrête à Saint-Damien pour donner

la consolation de vénérer le corps inanimé

ege 8

te Claire et aux Pauvres Dames de leur Père. (D'après Giotto.)

à sain

Obsèques de saint François. — Le cort

put vénérer, toucher et

les bras de ses filles baiser, non sans verser beaucoup de larmes, les cinq plaies

ée dans

port

du stigmatisé de 1

Alverne. Elle essaya d’arracher un des

clous miraculeux pour le conserver comme relique ;

mails

voyant qu'elle n'y pouvait réussir, elle se contenta de tremper un linge dans le'sang qui coulait de la blessure, et de prendre la mesure exacte de la taille du Saint pour faire peindre son portrait dans le chœur des Religieuses.

« Lorsque le convoi se remit en marche, les servantes du Christ éclatèrent en gémissements ; jamais orpheline pleurant sur la tombe de sa mère ne fit entendre des plaintes plus déchirantes. — O l'amère séparation! s’écriaient-elles en sanglotant... O notre Père!... Notre Père, que feronsnous ? Qu'allons-nous devenir? Tout notre bonheur s'envole avec vous !... Ainsi leur cœur était partagé entre la tristesse et la joie, la tristesse d’avoir perdu celui qu'elles aimaient, et la joie de le savoir déjà couronné dans les cieux. Cependant, on emporta la précieuse dépouille, et la porte du monastère se referma pour ne plus s'ouvrir jamais à de pareilles douleurs (1). »

Le cortège traversa les rues d'Assise, tendues de draperies et de guirlandes de verdure, jusqu à l'église Saint- Georges, où la dépouille mortelle fut déposée dans une châsse en cyprès. « C'est là que notre Saint avait été initié à l'étude des lettres chrétiennes; c'est là qu'il avait pour la première fois prêché la pénitence et l'amour de Dieu : là devait être aussi son premier lieu de repos (2). »

Le Frère Elie, dont les pouvoirs de Vicaire général furent prorogés jusqu'au Chapitre général d'Assise (1227), s'empressa d'envoyer à tous les supérieurs la nouvelle de la mort du saint fondateur. Sa lettre, écrite sous le coup de la première émotion, est un modèle d'oraison funèbre; et nous nous faisons un devoir d'en reproduire les passages les plus importants.

(1) Tu. De CELaxO, Vita prima, p. 2, c. xv.

(2) Boxav., c. xv.

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