SAINT FRANÇOIS POUTANT LES MAHQOKS DE LA PASSION DU SAUVKL'H
(Fresque du quatorzièuie siècle.)
et marcher avec des chaussures, il ne pouvait parvenir à celer entièrement les trésors du ciel. Un grand nombre de Frères, plusieurs Cardinaux et le pape Alexandre IV luimême ont affirmé, sous la foi du serment, avoir vu de leurs propres yeux les vénérables stigmates du Saint, pendant
qulïl vivait encore. A sa mort, plus de cinquante Frères, l'illustre vierge Claire avec ses sœurs, et d'innombrables séculiers, y ont pieusement collé leurs lèvres et les ont touchés de leurs mains, afin que rien ne manquât à la force de leiir témoignage.
« Quant à la blessure du côté, François la cacha si bien, que, de son vivant, nul ne put la voir qu'à la dérobée. Un Frère, qui lui rendait des soins assidus, le pria un jour de quitter sa tunique, sous prétexte de la laver; grâce à cette pieuse industrie, il vit et considéra la plaie; et y posant légèrement trois doigts, il en mesura la largeur. Le Vicaire général (le Frère Élie) réussit de la même manière à la voir. Un autre compagnon du Saint (le Frère Rufin), homme d'une parfaite simplicité, lui oignant les épaules pour le soulager en ses infirmités, atteignit par mégarde la plaie, du cœur; François en ressentit une si vive douleur, qu'à dater de ce jour, il porta mie ample tunique qui lui couvrait les flancs. Les Frères qui lavaient ses vêtements, les trouvaut teints de sang, ne purent plus douter de l'existence de cette plaie; enfin, après la mort du séraphique Père, ils purent satisfaire leur dévotion et contempler à loisir l'ouverture du côté et les autres stigmates du serviteur de Dieu.
« Ainsi orné des sacrés stigmates, ô François! tu es cet ange de l'Apocalypse que saint Jean a vu s'élever à l'Orient et qui portait aufront le signe du Dieu vivant (1). »
Le fils de Bernardone portait donc, visibles sur sa chair, avec leurs couleurs de carmin et leurs émanations embaumées, les divines empreintes du Séraphin : miracle inouï dans les âges précédents, miracle dont les peuples de l'Ombrie furent témoins pendant plus de deux années, prodige ineifable d'amour par lequel Dieu voulait à la fois honorer dans
(1) BoNAv., c. XIII. — Cf. ïii. DE Celano, Vïta prima, p. 1, c. m; Vita secunda, p. 3, c. i.xxv-lxxvii ; et Très socii, c. xvii.