TH. DE CELANO, Vita secunda, p. LI, c. Lv
C'est lui-même qui, vers la fin de sa vie, l’attestait dans une confidence intime, et nous avons le bonheur de pouvoir ajouter que l’une et l’autre se montrèrent dignes d’une telle prédilection, et que leur affection pour le Saint, plus pure que la neige, demeure l’image parfaite de ces affections transfigurées que Marthe et Marie-Madeleine avaient pour Notre-Seigneur.
L'esprit le plus prévenu n’y trouve rien à reprendre ; et quant au vrai chrétien, ah! comme il se sent heureux de rencontrer ainsi dans l'histoire, « parmi ces flots d'amour coupable qui corrompent le monde..., quelques gouttes au moins de ce chaste amour que l’homme a perdu avec l'innocence, que nous retrouverons un jour dans le ciel, et dont nous pouvons déjà, dans l'histoire des saints, respirer quelquefois d'avance le virginal parfum (1) ».
Ce virginal et suave parfum, nous allons le respirer dans une scène dramatisée par l'auteur des Fioretti et qu'on pourrait intituler « un repas de saints ». C'est le digne pendant des adieux de saint Benoît et de sainte Scholastique.
« L'abbesse de Saint-Damien avait plusieurs fois manifesté au saint fondateur un désir qui nous semble tout naturel, celui de revoir la Portioncule, d’y passer une journée en sa compagnie et d'y partager son frugal repas; mais toujours elle s'était vue rebutée. Les religieux